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FAQ

FAQ – Questions fréquentes sur le travail du sexe en Suisse

Réponses vérifiées aux questions fréquentes sur le secteur érotique suisse – droit, fiscalité, sécurité, santé, plateformes en ligne.

Ai-je besoin d'une autorisation pour exercer le métier de travailleuse du sexe ?

Cela dépend du canton. Genève, Berne, Neuchâtel, le Tessin et le Valais imposent une obligation de déclaration ou d'enregistrement aux personnes exerçant le travail du sexe. À Zurich, Bâle-Ville et dans de nombreux autres cantons, il n'existe pas d'autorisation individuelle, mais les exploitants de maisons closes, de salons et d'établissements doivent obtenir une licence. Si tu exerces une activité indépendante, tu dois en outre t'inscrire partout auprès de l'AVS en tant que travailleur indépendant.

Que sont les zones interdites et où s'appliquent-elles ?

Les zones d'exclusion sont des zones dans lesquelles la prostitution de rue est interdite — il s'agit généralement de quartiers résidentiels, des abords des écoles, des hôpitaux ou des édifices religieux. Leur délimitation relève de la compétence du canton ou de la commune. Zurich a limité la prostitution de rue à quelques rues ; Berne ne l'autorise que dans le secteur du Kocherpark ; Bâle ne connaît pas de zones d'exclusion officielles dans le centre-ville. Le travail du sexe en intérieur (appartement, salon) n'est généralement pas concerné par les zones d'exclusion.

Ai-je le droit d'exercer mon activité de travailleuse du sexe dans mon appartement loué ?

En principe oui, à condition que l'appartement soit loué à des fins d'habitation et qu'il n'y ait pas d'utilisation commerciale excessive (art. 257f CO). Attention : de nombreux baux contiennent des clauses interdisant l'usage commercial — une annonce publique pour un salon peut entraîner la résiliation du bail. Les communautés de copropriétaires peuvent restreindre le travail du sexe par voie de règlement. Des réceptions discrètes et ponctuelles sont généralement autorisées, mais pas un salon aménagé avec une vitrine.

Qu'est-ce qui est considéré comme du proxénétisme et est-ce punissable ?

Il y a proxénétisme (art. 195 CP) lorsqu’une personne incite une autre à se prostituer, contrôle sa liberté d’action ou détermine les conditions de son travail du sexe dans le but d’en tirer un avantage matériel. Le fait de retenir une personne dans la prostitution est également punissable. La location de locaux à des prix conformes au marché ou le placement contre une rémunération unique ne sont pas punissables. Les limites sont floues au cas par cas — il est recommandé de consulter un service spécialisé (Aspasie, Xenia, FIZ).

À partir de quel âge peut-on exercer le métier de travailleuse du sexe ?

À partir de 18 ans (art. 196 CP). Les actes sexuels avec des mineurs contre rémunération sont punis en Suisse — tant pour le mineur qui propose ces services (fonction de protection) que, en particulier, pour le client, qui risque une peine privative de liberté pouvant aller jusqu'à trois ans. En 2014, la Suisse a relevé l'âge minimum de 16 à 18 ans.

En tant que travailleuse du sexe, dois-je payer des impôts ?

Oui. Les revenus issus du travail du sexe constituent intégralement un revenu professionnel imposable (art. 18 LIFD). Tu dois les déclarer dans la déclaration d'impôt de ton canton de résidence — en tant que travailleur indépendant ou salarié, selon le cas. L'administration fiscale n'a pas le droit de faire la distinction entre les revenus « honnêtes » et les revenus « malhonnêtes ». Les reçus, la comptabilité et la conservation des justificatifs sont obligatoires.

Comment m'inscrire à l'AVS en tant que travailleur indépendant ?

Auprès de la caisse cantonale de compensation AVS de ton lieu de domicile — formulaire en ligne ou guichet. Tu recevras une attestation d'affiliation et tu paieras des cotisations sur la base de ton bénéfice annuel déclaré (cotisation minimale de CHF 514 par an). Les travailleurs du sexe indépendants peuvent souscrire une assurance complémentaire facultative contre les accidents (AP/NA) et la maladie (indemnités journalières). Sans affiliation à l'AVS, tu risques des rappels de cotisations majorés d'intérêts de retard.

Suis-je assujetti à la TVA ?

Uniquement si ton chiffre d'affaires annuel dépasse 100 000 CHF (art. 10 LTVA). Le travail du sexe n'est pas exonéré de la TVA (contrairement aux prestations médicales) — tu dois alors déclarer 8,1 % de TVA et la verser à l'AFC. En dessous de ce seuil, tu es exonéré de la TVA, mais tu dois tenir une comptabilité rigoureuse, car l'administration fiscale peut extrapoler en cas de suspicion de travail au noir.

Quelles dépenses professionnelles puis-je déduire de mes impôts ?

Les dépenses justifiées par l'activité professionnelle sont entièrement déductibles : loyer du local de travail (au prorata), publicité (annonces, site web, séance photo), vêtements et linge de travail, articles d'hygiène, consommables, téléphone portable (à des fins professionnelles), frais de déplacement entre plusieurs lieux de travail, formation continue, comptable, fiduciaire. Les vêtements à usage privé, les opérations esthétiques et les vacances ne sont pas déductibles.

Que faire en cas d'agression ou de viol ?

Appelle immédiatement la police (117) ou les secours (144) — en tant que travailleuse du sexe, tu bénéficies toi aussi de la pleine protection du droit pénal (art. 189/190 CP, arrêt du Tribunal fédéral de 2017). Si tu ne souhaites pas appeler directement la police : Aspasie (Genève), Xenia (Berne), FIZ (Zurich) et ProCoRe t'accompagnent de manière anonyme, confidentielle et gratuite. Si possible, ne lave pas les traces, conserve tes vêtements et fais constater tes blessures par un médecin — même sans porter plainte.

Comment protéger mon identité et ma vie privée ?

Séparez strictement vie professionnelle et vie privée : téléphone distinct avec une carte SIM prépayée, nom d'artiste, coordonnées bancaires distinctes (Postkonto / Neon / Yuh sont discrets), pas de photos de profil trouvables via la recherche d'images Google (retournez/recadrez les images avant de les télécharger, supprimez les données EXIF). Vérifiez régulièrement vos propres images via la recherche d'images inversée. Les outils de dissimulation WhatsApp tels que ContactGuard aident à protéger votre véritable numéro.

À quelle fréquence dois-je faire des tests de dépistage des IST et où ?

Recommandation des Checkpoints et de SANTÉ SEXUELLE SUISSE : un dépistage complet tous les 3 mois (VIH, syphilis, gonorrhée, chlamydia, hépatite B/C). Tests gratuits ou à prix modique auprès de : Checkpoint Zurich/Genève/Lausanne/Bâle/Lugano, Aspasie Genève, Xenia Berne, Ligne d'urgence pour les femmes. En cas d'exposition à un risque sexuel, PEP supplémentaire dans les 48 heures (service des urgences de l'hôpital). La vaccination contre le HPV est également recommandée.

Comment repérer les clients potentiellement dangereux ?

Signaux d'alerte : accueil agressif, réaction négative aux questions de sécurité, tentative de négocier les tarifs ou les pratiques convenus, comportement suspect lié à l'alcool ou à la drogue, refus de présenter une pièce d'identité, pression pour un paiement « en espèces uniquement, sans reçu ». Bonnes pratiques de sécurité : exiger un entretien téléphonique préalable, demander le nom réel et le nom de l'hôtel pour les rendez-vous à l'extérieur, informer une personne de confiance du rendez-vous (« système de binôme »), convenir d'un mot de passe d'urgence, suivre le rendez-vous via une application (Find My / partage Google Maps).

Où et comment puis-je faire de la publicité pour mes services ?

En ligne sur des plateformes spécialisées (datehub.ch, profils ero-page.ch, site web personnel), dans des annonces imprimées spécialisées et sur ses propres comptes de réseaux sociaux (sous réserve des conditions générales de la plateforme — Instagram/TikTok suppriment les profils explicites). La publicité est interdite en dehors des médias prévus à cet effet (affiches, tracts dans l'espace public), dans les zones interdites et à proximité des écoles. Certains cantons (par exemple Genève) exigent une obligation de signalement pour les annonces.

Que faire en cas d'avis en ligne injustifiés ou diffamatoires ?

Les avis diffamatoires ou inventés constituent des faits de diffamation ou de calomnie (art. 173/174 CP) et sont passibles de poursuites civiles et pénales. Étape 1 : signalement à la plateforme (avec justification). Étape 2 : contacter un avocat ou votre assurance de protection juridique. Étape 3 : porter plainte auprès de la police. Les plateformes telles que datehub ont généralement des critères de suppression clairs ; les plateformes non européennes sont plus difficiles à joindre.

Ai-je le droit d'imposer l'utilisation du préservatif, même si le client paie plus cher ?

Oui, toujours. Les actes sexuels sans ton consentement (y compris le retrait non désiré du préservatif = « stealthing ») sont punissables en Suisse depuis 2024 au titre du harcèlement sexuel ou du viol (art. 198/190 CP, révision du droit pénal en matière sexuelle). Tu as le droit de refuser tout acte à tout moment. Les promesses de contrepartie pour des rapports non protégés ne changent rien à la situation juridique — le stealthing reste punissable, même après un consentement verbal.

Je viens d'un pays de l'UE/AELE — ai-je le droit d'exercer le travail du sexe en Suisse ?

Oui, dans le cadre de la libre circulation des personnes (ALCP). Si tu exerces une activité lucrative pendant plus de 90 jours, tu dois obtenir un permis de séjour (L pour ≤ 12 mois, B pour > 12 mois). Pour exercer une activité indépendante, tu dois t'inscrire auprès de l'autorité cantonale compétente en matière de migration, t'affilier à l'AVS et justifier de l'existence de ta propre entreprise. Pour une durée inférieure à 90 jours par année civile, la procédure d'annonce en ligne suffit (procédure d'annonce UE, easyrelease.admin.ch).

Je viens d'un pays tiers — puis-je exercer légalement le travail du sexe en Suisse ?

Très restreint. Les ressortissants de pays tiers (hors UE/AELE) ont besoin d'un permis de séjour et de travail pour toute activité lucrative — et celui-ci n'est généralement pas accordé pour le travail du sexe (les articles 18 et suivants de la loi sur l'immigration exigent un « intérêt économique »). Séjour avec un visa touristique + travail du sexe = travail au noir + violation de l'objet du séjour. En revanche, les personnes qui vivent déjà ici au titre du regroupement familial, du statut de réfugié (B/F) ou de l'établissement (C) sont autorisées à exercer le travail du sexe.

Où puis-je trouver des conseils gratuits et anonymes ?

Les principaux points de contact : Aspasie (Genève, FR/EN/ES/PT), Xenia (Berne, DE/EN/RU/ES), FIZ Centre de lutte contre la traite des femmes (Zurich, toutes langues), ProCoRe (au niveau national, DE/FR/IT), Fleur de Pavé (Lausanne), Antenna MayDay (Tessin), Lysistrada (Soleure). Thèmes : droit, fiscalité, santé, accompagnement vers la sortie de la prostitution, traduction, représentation juridique. Liste complète avec numéros de téléphone : ero-blog.ch/anlaufstellen.

Qu'est-ce que la PEP et la PrEP, et où puis-je me les procurer ?

PEP (prophylaxie post-exposition) = traitement d'urgence à prendre après une exposition potentielle au VIH, doit être pris dans les 48 à 72 heures (disponible dans tous les services d'urgence des hôpitaux). PrEP (prophylaxie pré-exposition) = comprimé préventif contre l'infection par le VIH, pris en charge par l'assurance maladie depuis 2024 sous certaines conditions. Conseils et prescription : Checkpoints, consultations VIH dans les hôpitaux universitaires, Aide Suisse contre le SIDA.

Comment déclarer ses revenus OnlyFans en Suisse ?

Les revenus générés par OnlyFans constituent un revenu professionnel imposable (art. 18 LIFD), qu'ils proviennent d'une activité de loisir ou professionnelle. Les versements s'effectuent généralement via SEPA ou Paxum et doivent être intégralement déclarés. Si le chiffre d'affaires annuel dépasse 100 000 CHF, la TVA s'applique (8,1 %). OnlyFans ne prélève pas d'impôt suisse. Recommandation : à partir d'un chiffre d'affaires de CHF 20'000, faire appel à un fiduciaire, tenir une comptabilité mensuelle et documenter tous les versements de la plateforme.

Quelles sont les obligations légales à respecter sur mon propre site web ?

Informations obligatoires : mentions légales complètes (art. 322a CP / art. 3 LCD) : nom, adresse, coordonnées — même en cas de nom d'artiste, les mentions légales doivent comporter une adresse valable pour la réception du courrier (il peut s'agir d'une boîte postale ou d'une adresse professionnelle). Déclaration de confidentialité conforme à la revDSG (obligatoire depuis 2023). Bannière relative aux cookies en cas de suivi. Vérification de l'âge (au moins une confirmation par clic) pour les contenus explicites. Contenus payants (par ex. liste de prix) clairement indiqués, conditions générales de vente recommandées pour les réservations.

Quelqu'un utilise mes photos pour créer de faux profils — que puis-je faire ?

Trois voies de recours : (1) Droit à l'image (art. 28 CC) — atteinte à la personnalité, action en cessation. (2) Droit d'auteur (LDA) — si tu as pris les photos toi-même, tu détiens les droits d'auteur. (3) revLPD — traitement illicite de données personnelles (image = donnée personnelle). Concrètement : notification à la plateforme (DMCA-Notice), si nécessaire recours à un avocat (première consultation à moindre coût via Aspasie/Xenia/FIZ), en cas de sextorsion, contacter également la police.

En tant que client en Suisse, ai-je le droit de faire appel légalement aux services d'une travailleuse du sexe ?

Oui — le recours aux services sexuels d'adultes est légal en Suisse. Il n'y a pas d'interdiction de l'achat de services sexuels (contrairement à la Suède, la Norvège et la France). Tu ne te rends coupable d'une infraction que si la personne est mineure (art. 196 CP, jusqu'à 3 ans d'emprisonnement), victime de traite des êtres humains (tu aurais dû te rendre compte qu'il s'agissait d'une situation de contrainte) ou en cas de « stealthing » ou d'agression. La discrétion et la renonciation au reçu sont courantes, mais ne constituent pas un droit.

Comment savoir si une personne est peut-être victime de prostitution forcée ?

Indices : la personne ne parle aucune langue locale et ne connaît pas son adresse, son passeport serait conservé « par la patronne », elle ne peut pas fixer elle-même ses horaires, elle se montre craintive/intimidée, un tiers est assis dans la voiture devant l’hôtel, les tarifs sont anormalement bas et non négociables. Signalez impérativement tout élément suspect : ACT212 (numéro national 0800 212 212), FIZ Zurich (044 436 90 00) — anonymat garanti. Fermer les yeux, c’est se rendre complice.

Puis-je prendre des photos ou filmer pendant le rendez-vous ?

Uniquement avec le consentement explicite de la personne exerçant le travail du sexe et uniquement à des fins privées (art. 28 CC / art. 179quater CP — Atteinte à la sphère intime ou privée au moyen d'appareils d'enregistrement). Les enregistrements clandestins ou la diffusion constituent des infractions pénales (jusqu'à 3 ans d'emprisonnement selon la révision de 2024). En cas d’infraction : conséquences civiles et pénales, plus des dommages-intérêts. Bonne pratique : rangez votre téléphone portable, la confiance est la base de cette activité.

Ces réponses constituent des informations générales et ne remplacent pas un conseil juridique personnalisé. Pour toute question spécifique, adresse-toi à un service spécialisé (voir « Points de contact ») ou à un avocat.