Droit et autorisations
Obligation d'autorisation, zones interdites, différences cantonales en Suisse. Le travail du sexe est-il légal en Suisse ? Oui. Le travail du sexe est…
Questions dans ce domaine
Le travail du sexe est-il légal en Suisse ?
Oui. Le travail du sexe est légal en Suisse depuis 1942 et est considéré par le Tribunal fédéral comme une activité lucrative reconnue (ATF 137 III 593). Les personnes exerçant le travail du sexe jouissent des mêmes droits fondamentaux que tous les autres travailleurs, y compris la liberté contractuelle, la protection de la propriété et les droits en matière d’assurance sociale. En revanche, le proxénétisme (art. 195 CP), l’encouragement à la prostitution de mineurs et la traite des êtres humains (art. 182 CP) sont interdits.
Ai-je besoin d'une autorisation pour exercer le métier de travailleuse du sexe ?
Cela dépend du canton. Genève, Berne, Neuchâtel, le Tessin et le Valais imposent une obligation de déclaration ou d'enregistrement aux personnes exerçant le travail du sexe. À Zurich, Bâle-Ville et dans de nombreux autres cantons, il n'existe pas d'autorisation individuelle, mais les exploitants de maisons closes, de salons et d'établissements doivent obtenir une licence. Si tu exerces une activité indépendante, tu dois en outre t'inscrire partout auprès de l'AVS en tant que travailleur indépendant.
Que sont les zones interdites et où s'appliquent-elles ?
Les zones d'exclusion sont des zones dans lesquelles la prostitution de rue est interdite — il s'agit généralement de quartiers résidentiels, des abords des écoles, des hôpitaux ou des édifices religieux. Leur délimitation relève de la compétence du canton ou de la commune. Zurich a limité la prostitution de rue à quelques rues ; Berne ne l'autorise que dans le secteur du Kocherpark ; Bâle ne connaît pas de zones d'exclusion officielles dans le centre-ville. Le travail du sexe en intérieur (appartement, salon) n'est généralement pas concerné par les zones d'exclusion.
Ai-je le droit d'exercer mon activité de travailleuse du sexe dans mon appartement loué ?
En principe oui, à condition que l'appartement soit loué à des fins d'habitation et qu'il n'y ait pas d'utilisation commerciale excessive (art. 257f CO). Attention : de nombreux baux contiennent des clauses interdisant l'usage commercial — une annonce publique pour un salon peut entraîner la résiliation du bail. Les communautés de copropriétaires peuvent restreindre le travail du sexe par voie de règlement. Des réceptions discrètes et ponctuelles sont généralement autorisées, mais pas un salon aménagé avec une vitrine.
Qu'est-ce qui est considéré comme du proxénétisme et est-ce punissable ?
Il y a proxénétisme (art. 195 CP) lorsqu’une personne incite une autre à se prostituer, contrôle sa liberté d’action ou détermine les conditions de son travail du sexe dans le but d’en tirer un avantage matériel. Le fait de retenir une personne dans la prostitution est également punissable. La location de locaux à des prix conformes au marché ou le placement contre une rémunération unique ne sont pas punissables. Les limites sont floues au cas par cas — il est recommandé de consulter un service spécialisé (Aspasie, Xenia, FIZ).
À partir de quel âge peut-on exercer le métier de travailleuse du sexe ?
À partir de 18 ans (art. 196 CP). Les actes sexuels avec des mineurs contre rémunération sont punis en Suisse — tant pour le mineur qui propose ces services (fonction de protection) que, en particulier, pour le client, qui risque une peine privative de liberté pouvant aller jusqu'à trois ans. En 2014, la Suisse a relevé l'âge minimum de 16 à 18 ans.
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